Quels rôles pour le vêtement? (partie 1)

By | Philo | 3 Comments
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Au-delà de son utilité première qui est de nous protéger des intempéries et autres agressions extérieures (saleté, microbes, produits irritants utilisés dans certains métiers…), le vêtement a aussi d’autres rôles: un rôle psychologique, un rôle culturel et un rôle social.

Un rôle psychologique

Le choix de notre tenue le matin est en grande partie dépendante de comment on se sent. Qu’on soit d’humeur joyeuse ou morose, on ne portera pas les mêmes couleurs, les mêmes coupes, les mêmes matières, on cherchera un confort différent.

De là aussi cette fameuse petite phrase assassine pour celui qui l’entend sans la comprendre: « j’ai rien à me mettre… », une petite banalité de notre quotidien qui cache en fait une multitude de réalités, puisque intimement liée à notre humeur. Et devant notre armoire pleine à craquer et la mine déconfite de notre tendre moitié, on devine déjà qu’il nous faudra une demi-heure d’essayage avant de trouver ce qui nous convient (dans le meilleur des cas) ou qu’on jettera son dévolu sur ce jeans fétiche et un de ces hauts passe-partout (faute de temps ou d’inspiration).

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En fait, on remarque qu’entre les lignes de « je ne sais pas quoi mettre » se cache une réelle quête identitaire qui commence à l’adolescence et qui perdure parfois longtemps… lisez plutôt « je ne sais pas quoi m’être ». Alors on essaie, on teste, on expérimente, on joue, jusqu’à ce qu’on trouve notre « look » (de l’anglais « to look »), dans l’espoir d’être approuvé par le regard de l’autre. Et quels regards parfois, dans un monde où l’apparence prend une ampleur grandissante.

Retenez que ce « j’ai rien à me mettre » ne signifie pas forcément qu’on manque de vêtements. L’inverse peut être tout aussi vraie, au point qu’on ne sait plus très bien ce qu’on a et qu’on ne s’y retrouve plus, ou qu’on est lasse de toujours porter les mêmes pièces ! Ces moments-là sont généralement de bonnes occasions pour faire le tri !

Quant à toutes celles qui vivent cette « fameuse frustration »:

Ne bougez pas, on décortique très prochainement les rôles culturel et social des vêtements !
Sources et crédits: blog.threadflip.com, madmoizelle.com

Quels rôles pour le vêtement? (partie 2)

By | Philo | One Comment
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Dans le dernier article, nous avons abordé le rôle psychologique du vêtement. Et nous avons découvert le lien entre « je ne sais pas quoi mettre » et « je ne sais pas quoi m’être ». Mais le vêtement a bien d’autres rôles également, un rôle culturel et un rôle social.

Un rôle culturel

Vous êtes-vous déjà demandée pourquoi l’humain est le seul animal à se vêtir? Et savez-vous d’où vient cet usage? Notez que cette coutume n’a pourtant pas touché tous les peuples en même temps, ni de la même manière, ils ont adapté leurs tenues en fonction de leur culture et de leur religion.

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A l’origine, et bien avant de s’enrober d’un manteau, les peuples portaient des bijoux, ornés de pierres, de coquillages, d’os, en bois ou en métal. Ils utilisaient le tatouage comme signe d’appartenance ou de distinction. Les peaux de bêtes étaient utilisées pour la pêche, ou considérées comme des trophées, une manière d’exhiber leurs exploits, un signe de courage et de sang-froid. Elles n’ont été utilisées comme vêtement qu’au début des périodes glaciaires.

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Au sein des tribus primitives, le costume a été longtemps réduit à une étoffe cachant les parties sexuelles, et qui diffère selon la religion de l’ethnie et les valeurs qu’il représente. En Guinée par exemple, il existe 4 pagnes différents, selon qu’on soit en Guinée forestière, en Moyenne Guinée, en Basse Guinée ou en Haute Guinée, et chaque type de pagne est tissé et décoré différemment selon l’activité ou le métier exercé.

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Le vêtement (au sens très large) a donc également une fonction pudique. Entendez par pudeur ce qui est liée à la protection de la vie privée de l’individu et de son intégrité (bien au-delà donc de la seule nudité). Voiler sa nudité est une manière de ne pas être réduit à un corps ou considéré à l’état animal. C’est pourquoi se déshabiller peut être la pire des humiliations selon les circonstances environnantes : les prisonniers devant se mettre à nu devant leurs gardiens sont ainsi déshumanisés.

La religion judéo-chrétienne parle d’ailleurs de la nudité dès l’origine de l’humanité (quand Adam et Eve partagèrent le fruit défendu et découvrirent qu’ils étaient nus), et du besoin de la cacher aux autres. A ne pas confondre avec la pudeur morale qui n’arrive que bien tard dans l’histoire européenne (avec la Renaissance et les missionnaires chrétiens) et qui tisse des liens entre péché originel et sexualité. Dévoiler son corps devant autrui est alors considéré comme honteux et impur.

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Pendant l’antiquité, les grecs connaissaient également les vêtements mais pas la pudeur vestimentaire. La beauté du corps et la nudité étaient très appréciées, et à cette époque les gaulois et les grecs se battaient quasi-nus. C’était en effet une manière de provoquer un malaise chez l’ennemi mais cela évitait aussi que les plaies ne s’infectent au contact d’habits souillés. C’était en plus un signe de leur foi en la victoire: un guerrier béni par le dieu de la guerre n’avait tout simplement pas besoin de vêtements.

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Voilà donc un petit aperçu de comment s’est construit l’habitude de se vêtir. Je trouve ce sujet passionnant, et j’aurais bien envie de comprendre toute la symbolique qui se cache derrière cette coutume. Mais je vais m’arrêter ici, d’autant que nous avons encore le rôle social à aborder… Promis, j’essayerai de faire un peu plus court la prochaine fois… avant de reprendre des sujets d’actualité ! 😉

Sources et crédits: static1.squarespace.com, jaysesblogs.blogspot.be, philovive.fr, guinee-culture.org, fr.wikipedia.org, le-retour-aux-sources.skynetblogs.be, eden-saga.com, ancientolympics.arts.kuleuven.be, eternels-eclairs.fr, twcenter.net

Quels rôles pour le vêtement? (partie 3)

By | Philo | No Comments
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Il y a un mois, j’ai analysé le rôle psychologique et le rôle culturel du vêtement. Mais je ne vous ai pas encore parlé de son troisième rôle, lequel n’en est pas moins important. Il s’agit d’un rôle social, puisque les vêtements sont à la frontière entre notre intimité et le monde social dans lequel nous évoluons.

Un rôle social

Nos vêtements véhiculent des codes qui permettent d’identifier les groupes auxquels on appartient ainsi que d’être reconnu par nos pairs.

Le besoin d’appartenance

S’habiller est un langage, une manière de faire passer un message. Alors que certains cherchent à signifier leur appartenance à un groupe social précis, d’autres choisissent de se fondre dans leur environnement quand ils endossent un uniforme.

C’est à l’adolescence qu’on commence à jouer avec ces codes vestimentaires. On sort de l’enfance, période où ce sont généralement les parents qui choisissent les vêtements, pour choisir soi-même ce qu’on souhaite porter et montrer aux parents qu’on se forge nos propres codes d’appartenance en lien avec notre quête identitaire (souvenez-vous quand on parlait du « je ne sais pas quoi m’être »). Selon les codes vestimentaires qu’on adopte, on peut se démarquer d’un groupe ou montrer qu’on fait partie d’un autre. Porter LE pantalon fashion ou le pull avec le logo de son cercle sont des moyens de s’intégrer dans son environnement. D’ailleurs, ne dit-on pas « qui se ressemble s’assemble » ?

closetspace.ca

Le besoin de s’affirmer

Les vêtements que nous portons nous permettent également d’exprimer notre identité et l’image qu’on a de nous. Ils constituent un moyen d’affirmer notre personnalité. « Le “bobo” qui va à l’opéra en jeans se veut marginal, mais se trouve paradoxalement tout aussi “normé” que le “costard-cravate”. (…) On ne porte pas une cravate, des Nike ou une fourrure parce que c’est utile, mais parce que notre image en dépend. (…) Ainsi, l’habit est un langage qui nous permet de faire passer des messages autour de soi: “je suis quelqu’un d’important”, “je suis aimable”, “j’ai la haine”,… » (1)http://philovive.fr/?2007/01/08/54-pourquoi-shabille-t-on

A la question « qui suis-je? », les vêtements répondent à notre place en nous renvoyant un « que suis-je? ». Car nos habits nous marquent et nous déterminent. L’uniforme, professionnel ou social, est d’ailleurs un support pour être identifié, il détermine notre rôle, et rend notre comportement prévisible. Puisque dans ces cas précis « l’habit fait le moine. » Et parmi ceux qui choisissent volontairement de porter un uniforme ou une tenue vestimentaire toujours semblable, certains s’en servent pour renforcer une partie plus fragile de leur identité quand d’autres ne voient pas l’intérêt de se poser cette question vestimentaire chaque jour, comme Karl Lagerfeld, Mark Zuckerberg ou Barak Obama.

dailymail.co.uklexpress.frusmagazine.com

Une touche personnelle dans un moule conventionnel

Pour conclure, je dirai donc que nos vêtements sont un moyen de jongler entre les différentes facettes de notre personnalité et les codes des environnements dans lesquels nous évoluons. Rien de plus gai ou de plus compliqué que de changer de costume pour changer de personnage et jouer un autre rôle. Il est d’ailleurs frappant de constater à quel point les filles aujourd’hui cherchent sans cesse à se différencier des autres par une touche personnelle à leur tenue, tout en respectant les codes vestimentaires de leurs groupes.

fashionbubbles.com

Sources et crédits: lefigaro.fr, closetspace.ca, dailymail.co.uk, lexpress.fr, usmagazine.com, jaysesblogs.blogspot.be, filsantejeunes.com, philovive.fr, fashionbubbles.com

Notes de bas de page   [ + ]

1. http://philovive.fr/?2007/01/08/54-pourquoi-shabille-t-on